Atari à la Foire de Paris

La foire vient de fermer ses portes sur une bulle galactique présentée sur le stand Atari. Celle-ci contenait les trois derniers modèles de micro-ordinateurs et notamment un Atari 800 équipé du programme star raiders. Une des épreuves du 3e championnat de France de jeux s’est déroulée dans la bulle. La finale de Paris a eu lieu le mercredi 11 mai, et plus de 1 800 participants ont été sélectionnés. La finale nationale est prévue pour le 11 septembre.

Oscars à Hollywood

La vidéo est présente partout en Californie. Dès votre arrivée à l’aéroport de Los Angeles, le petit bus jaune aux vitres noires d’Hertz, conduit par de charmantes jeunes filles, vous emmène au parking où vous attend votre voiture de location. Eh bien, il n’y a pas rétroviseurs. On les remplace par des moniteurs TV sur le tableau de bord : tout simplement ! Une caméra placée à l’arrière du véhicule fait beaucoup mieux l’affaire que notre bon vieux bout de verre. Nous sommes ici pour la cinquante-cinquième nuit des Oscars du cinéma à Hollywood, mais nous allons au passage faire quelques découvertes qui concernent la vidéo. Tout d’abord la concurrence est déjà ouverte puisque le cinéma Beverly, sur Wiltshire, annonce les Oscars de la vidéo. Ensuite, dans la salle de presse où sont réunis les journalistes, une nouveauté d’importance : la caméra à magnétoscope incorporé ! Dans la salle de presse, car seuls sont réunis dans le Dorothy Chandler Pavillon les 3.953 membres de l’Académie des arts et techniques du cinéma, cette très sérieuse institution qui rassemble auteurs, techniciens et réalisateurs. C’est elle qui depuis un demi-siècle décerne ce que nous appelons les Oscars, mais que l’on désigne plus fréquemment là-bas sous le terme d’Academyawards, les récompenses de l’Académie. C’est sur cette scène que les vainqueurs viennent recevoir leur trophée au cours d’une cérémonie de trois heures et demie durant laquelle on n’a pas le temps de s’ennuyer une seconde. Car c’est aussi un formidable spectacle dans lequel Hollywood offre ce qu’ila de meilleur. Ici pas de rubrique nécrologique, c’est la vraie fête du cinéma. Pas d’animateur empesé qui a oublié son texte et annonce chacun des participants par la sempiternelle formule: il est jeune, il est beau, il a du talent. Non, chacun sait ce qu’il a à faire, chacun connaîtson texte, soigneusement préparé pour paraître improvisé et suffisamment répété pour éviter les mêmes plaisanteries que le prédécesseur ! D’ailleurs, il n’y a pas un meneur de jeu cette année (c’était traditionnellement Bop Hope, qui viendra quand même faire un petit numéro pour saluer les cinquante ans de cinéma de Mickey Rooney). Il y en a quatre: Liza Minnelli, Richard Pryor, le fantaisiste noir follement populaire Outre-Atlantique, Dudley Moore, qui rêvait de Bo Derek dans « Elle » avant d’être Arthur, et Walter Matthau. Mais ceux-là nous les verrons seulement sur notre écran de contrôle. Comme toute l’Amérique, et comme quatre vingt-dix-sept nations dans le monde. Car la France, non merci, n’a pas cru bon d’acheter le show… Il faut dire que nous, nous avons la soirée des Césars… Sans commentaires. Mais, merveille de l’organisation américaine, qui évite toute bousculade, toute précipitation dès que les lauréats ont reçu leur statuette, ils sont entraînés dans une première salle attenante où les photographes peuvent les mitrailler en toute tranquillité sans gêner personne. Cinq minutes et les voici dans la seconde salle où nous sommes, radio et télé. Chacun peut alors poser sa question sans hurler. Cinq minutes plus tard, les super stars seront face à la presse écrite. En un quart d’heure les journalistes pourront couvrir totalement l’événement, sans aucun énervement. Le Festival de Cannes, avec sa joyeuse pagaille, pourrait peut-être tirer lui aussi quelque enseignement de cet exemple. Et justement dans cette salle radio-TV où nous ont successivement rejoints Charlton Heston, Jessica Lange, Meryl Streep, Ben Kingsley et les autres, où j’ai pu m’entretenir avec Carlo Rombaldi auquel on doit la conception totale du personnage de ET., une caméra pas comme les autres attire mon attention. Son opérateur, David Overby, répond aimablement à mes questions d’autant que sa station Kcop (Channel 13) est la seule dans Los Angeles à utiliser ce nouveau modèle RCA à magnétoscope incorporé. Logé à l’arrière de l’appareil, moyennant un supplément de poids de dix livres, l’enregistreur utilise les mêmes cassettes VHS que vous et moi ! En l’occurrence une Fuji super HG, superfineBeridox de 120 minutes, au format standard de 1 1/2 inches, soit un demi-pouce. David, qui utilise cette merveille depuis dix mois déjà, estime qu’à l’épaule elle est lourde mais très bien équilibrée. Quant à l’image, de qualité pro, elle est extrêmement bonne puisqu’elle passera le soir même telle quelle à l’antenne ! Il y a un micro directionnel (shot gun mike) sur le dessus. Si l’on veut se payer les services d’un homme du son on peut aussi ajouter un autre micro, sans quoi tout est dans la boîte en une seule opération presse-bouton ! Mais David s’interrompt pour reprendre le travail avec les nouveaux arrivants qui sont à nos côtés, Louis Gosset junior,Oscars à Hollywood Oscar du meilleur second rôle masculin pour sa composition du sergent tyrannique dans «Officier et gentleman». Et Sidney Pollack réalisateur et interprète de « Tootsie» (il était l’imprésario malheureux de Dustin Hoffman) qui font face maintenant à cette caméra révolutionnaire. Alors, ça y est, vous voulez la même à la maison ? Il y a une petite difficulté. David m’annonce le prix : 70.000 dollars. Et au moment où j’écris ces lignes, le dollar est à 7,35 francs ! Jamais, depuis 1965, Marlène Jobert n’a failli à son rendez-vous : au moins une fois l’an à l’affiche. Pourquoi nier l’évidence ? Elle fait partie de ces gens dont on dit «qu’ils ont réussi», même si les succès cinématographiques sont inégaux. Des stars, si elle n’a pas la haute stature, elle a la personnalité… et la baraka. Mauvais caractère notable, enquiquineuse notoire… Oui, on sait tout ça. Mais il faut rendre à César ce qui est à César, et Marlène peut prétendre à la permanence du vedettariat. D’ailleurs, les réalisateurs ont un certain goût pour les enquiquineuses, pourvu qu’elles aient du talent. Mauvais caractère ou pas… Marlène a su se faire sa place au soleil. C’est au sortir du Conservatoire qu’elle se voit confier un rôle dans « Masculin, féminin » de Jean-Luc Godard. Débutante… peut-être, mais c’est un triomphe. Quelle aubaine pour cette star en herbe dont on dit alors d’elle qu’elle va remplacer Shirley Mac Laine. Les manuscrits affluent et commence la grande aventure, la grande histoire d’amour qui lie Marlène au cinéma depuis dix-huit ans. «Martin soldat», «Le voleur», « Alexandre le bienheureux » et surtout «L’astragale», Marlène s’est tant investie dans le personnage, qu’elle semblait ne plus faire qu’un avec cette jeune romancière qu’elle interprétait:«En me regardant l’autre soir à la télévision, me confie-t-elle, j’étais attendrie, je me trouvais mignonne… mais ce n’était pas moi, j’étais vraiment une spectatrice». Le film qui suit, «Le passager de la pluie», n’est pas teinté du succès escompté. Marlène est déçue : «Non, mais c’est vrai quoi, qu’est-ce qu’ils veulent ?». «Les mariés de l’an Il» : non plus. Cette fois, elle claque la porte, attrape le premier avion pour s’en aller bouder aux Antilles. Rien de mieux qu’une plage au sable argenté et tiédie par un soleil flamboyant pour vous remettre du baume au cœur. A son retour, miss Jobert fait du commercial. Mais pas n’importe lequel. Du commercial choisi : «Je lis tout ce qu’on m’apporte, si au bout de vingt-cinq pages, je ne suis accrochée par rien, j’arrête. La vie est trop courte. La lecture d’un scénario c’est cinq heures. Cinq heures de ma vie…» Marlène aime la rigueur. Ce qui importe le plus, selon elle, c’est le scénario. Avouez, ô mauvaises langues, que ce petit bout de femme regorgeant de vitalité, a su donner leur chance à des metteurs en scène qui n’avaient pas encore fait leurs preuves au cinéma. Son jugement ne se base que sur le manuscrit, peu importe le reste. Pour ceux qui doutent encore… «J’ai un projet de film avec des gens qui ont tourné des choses intéressantes à la télévision et qui n’ont encore rien fait au cinéma. Mais le scénario est en béton. Quand on les rencontre, ces gens, on voit bien qu’ils ont un potentiel d’intérêt, de sensibilité, donc pourquoi pas ? C’est pour vous dire à quel point le scénario est important». De toute façon si un personnage ne lui plaît : impossible de la faire tourner le commercial connaît un certain succès, mais les déboires d’un échec sont parfois inévitables. Marlène la victime, toujours fragile, toujours naïve, ne se laisse pas abattre et crie fort encore ce qu’elle pense des réalisateurs : «Je crois qu’en règle générale, en France, on ne travaille pas assez le scénario. Nous ne manquons pourtant pas de gens expérimentés. Ils ne sont pas inintelligents, pas franchement paresseux… je ne sais pas ce qui se passe !». Fragile d’aspect, mais pas dans l’âme. Naïve d’apparence, rien de plus. Victime dans ses films, jamais dans la vie. Alors qu’elle brandissait haut et fort ses convictions et qu’elle attendait «le» film qui la propulserait au sommet, la vie privée de Marlène a connu des détours inattendus et merveilleux pour elle : la rencontre avec Walter. Non rien de mélo, du type «ça n’arrive qu’au cinéma». Rien de tout ça. Une histoire simple, où des gens normaux vivent un bonheur classique. Et oui, ça n’arrive pas qu’aux autres ! Fin du petit sourire perfide. Le regard frondeur devient insondable; profond il l’était, mais à présent on s’y noie. Marlène est en pleine métamorphose et semble ne plus jouer avec cette même conviction qu’on lui connaissait. Que se passe-t-il ? Jouez violons, sonnez crécelles, c’est jour de fête, Marlène Jobertattend l’heureux événement. Elle, la star-enfant que nous aurions volontiers prise dans nos bras, donne naissance à deux superbes bébés, Eva et Joy. Allons faites vos jeux, rien ne va plus. Qui est qui ? Qui est-elle ? Celle qui ne changeait pas, celle que l’on connaissait si bien… celle qui ne nous réservait jamais de surprise au sortir d’une projection… c’est elle qui, sans crier gare, dans le silence et la circonspection se laisse emmener par les méandres de la vie, pour nous revenir tout autre ! Mais quel spectacle succulent… plus belle que jamais, rayonnante, épanouie… un miracle ! C’est bien elle. Aucune erreur n’est possible. Elle inspire le respect, engendre le calme et la sérénité. «Depuis cinq ans, on m’oubliait, on me proposait des rôles qui ne m’intéressaient pas. Plus une femme enfant, pas tout à fait une femme… mais je savais à l’aube de mes quarante ans que je faisais enfin mon âge et que tout pouvait m’arriver. Je n’ai plus que cinq ans devant moi, car à quarante-cinq ans, c’est fichu. On ne vous confie plus les premiers rôles, il ne faut pas se leurrer». Rien ne pouvait lui arriver de mieux que le manuscrit de Yannick Bellon, «L’amour nu». C’est vrai que « L’amour nu » est un peu un tournant dans ma carrière. Yannick Bellon est la première réalisatrice qui ait su revaloriser et sublimer mon potentiel de sensibilité…» Ce film est en définitive une sorte de charnière à sa vie. Les urgences pour Marlène Jobert sont la famille, la santé et le métier. Le reste n’a pas d’importance. Le reste on en fait des montagnes, mais c’est une perte de temps et d’énergie. Et, oui, son temps est minuté : rien de plus, rien de moins. Qui pourrait se targuer à l’instar de Marlène de pouvoir assumer dans un même temps les différents «rôles» de mère de famille, d’épouse, de femme et de star ? Ce n’est pas donné à tout le monde, mais Miss, pardon, Mme Jobert le peut. Son secret : la concentration de son énergie. Elle ne la disperse pas, ne la gaspille pas. Ajoutez à cela un peu de diététique, un peu de tennis et de jogging et voilà ! Mais que pense Marlène de son passé, après un tel changement ? Presque instinctivement elle jette un regard tendre, par dessus son épaule : «Je ne regrette rien. Absolument rien. Même les échecs m’ont apporté quelque chose. C’est vrai que ces cinq dernières années représentent une période quasi inintéressante de ma carrière. Mais qu’importe. Les choses se mettent à bouger: Ça s’améliore et je sens que ce sera encore mieux ! A présent, je me trouve beaucoup plus intéressante qu’il y a quinze ans, tant sur un plan professionnel que sur un plan privé». Elle n’a pas tort, Marlène. Jouons, si vous le voulez bien, l’oiseau de bon augure ! Un passé de star, certes, nous nous sommes entendus à ce propos… mais un avenir extraordinaire : les chemins ensoleillés de la gloire se sont présentés à elle. En bon Scorpion qu’elle est, il lui faut atteindre un but qui pour certains serait un rêve, mais qui pour elle est quelque chose de «normal». Elle est sincère lorsqu’elle dit qu’elle n’est pas ambitieuse, il ne s’agit que d’un cheminement naturel de sa carrière. Ayant réalisé, sur le plan sentimental, ce qu’elle souhaitait depuis toujours dans son moi intérieur, la voici, aujourd’hui, libre de s’investir complètement dans sa vie professionnelle. Rassurez-vous, Marlène sait fait la part des choses : il y a sa vie de tous !es jours et le cinéma. «Je ne suis pas de ces comédiens ou de ces comédiennes qui cultivent un état… Après un tournage, j’ai besoin de retourner chez moi pour m’aérer la tête, recharger mes batteries. Si je m’investis complètement dans mes personnages, si j’essaie d’obtenir le maximum d’informations pour la préparation d’un film c’est par souci d’être crédible… c’est peut-être pourquoi on pense souvent que j’interprète toujours le même type de rôles». Elle est empreinte d’une certaine franchise, Marlène. Et elle ne s’arrête jamais longtemps pour s’apitoyer sur elle-même. Envolées nos prochaines questions. Envolée Marlène Jobert, en direction de la Yougoslavie. Elle y tourne «Les cavaliers de l’orage» pour ne pas faillir à son rendez-vous de l’année prochaine. Sa petite société de production est coquettement nichée par dessus le porche d’un hôtel du 7e arrondissement dont il occupe lui-même un appartement (sa voisine de palier n’est autre que… Nastassia Kinski). C’est là qu’il prépare d’arrache-pied son prochain film, ou plutôt ses prochains films car il ne manque pas de projets. Pour cet homme qui se bat depuis vingt-cinq ans, qui tourne contre vents et marées ce qui lui fait plaisir, la vidéo n’est ni plus ni moins mystérieuse que le cinéma. Se félicite-t-il qu’on puisse désormais se procurer facilement des films que beaucoup de gens n’ont pas vus, qui ne sont pas souvent passés à la télévision ? Il est surtout perplexe.


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